Danser le carnaval coûte que coûte

Danser le carnaval coûte que coûte

Deux mois plus tôt, lors de la fête patronale de la ville de Port de Paix, l’immaculée conception, célébrée le 8 décembre, Jovenel Moïse déclarait que le carnaval national se tiendrait à Port-de-paix. Le carnaval, qui a pour thème « Ann kole zepòl pou ayiti dekole », aura lieu, malgré la conjoncture actuelle, tendue à bien des egards, à Port-de-paix, sur le boulevard des Trois- rivières, du 14 au 16 de ce mois.

« Le carnaval national aura lieu cette année à Port-de-Paix, sur le boulevard des Trois-Rivières. Je décide de vous rendre justice. On vous considère comme des oubliés de la République. Aujourd’hui, je veux que le monde entier se souvienne de vous. Les principaux groupes musicaux, c’est-à-dire, Sweet Micky, Djakout, T-Vice, doivent venir à Port-de-Paix s’ils veulent se produire au carnaval national », déclarait le leader du parti PHTK, afin que les Port-de- Paisiens, se préparent à recevoir le carnaval.

Jovenel Moïse, verbeux comme lui seul, nous parle des oubliés, ce qui est assez ironique puisque le président a daigné se souvenir des Port-de-Paisiens le jour où il a décidé d’organiser une festivité dans leur commune, la preuve en est bien grande que ce n’est qu’après l’annonce que le Boulevard des Trois-Rivières, où est censé se dérouler le carnaval fera l’objet de travaux « d’asphaltage », pour l’occasion.

À noter, le président dont le mandat a échu depuis dimanche dernier, dans sa déclaration avait parlé de justice. On pourrait se demander en quoi est-ce juste que de prioriser le carnaval sur les maux de la population ? Est-ce juste d’abrutir ainsi tout un peuple ? En ces moments de grands troubles politiques, d’incertitudes, est-ce le moment de danser, de jubiler ? Il faut croire que oui du point de vue du locataire contesté du palais national, qui multiplie des déclarations de plus en plus véhémentes.

Il faut aussi souligner la schizophrénie des autorités qui, avant, multiplaient campagnes (?) de sensibilisation par-ci campagnes de sensibilisation par-là contre la Covid-19, depuis jetée aux oubliettes, autorise un tel événement destiné à rassembler des foules immenses, tandis que la majeure partie des pays de la Caraïbe ont annulé les festivités carnavalesques de cette année pour cause de coronavirus.

Quid des possibilités réelles de l’organisation du carnaval ? Entre le contexte de trouble politique lié à la fin du mandat présidentiel, la situation d’insécurité qui sévit dans le pays depuis tantôt un an et la prolifération des gangs armés, il parait difficile d’imaginer la tenue du carnaval. Pourtant, c’est ce qui semble se profiler. Soulignons qu’au cours des deux années précédentes, les activités carnavalesques n’ont pas pu se réaliser à cause des différents épisodes de crises sociopolitiques dont le pays a été le théâtre.


Djeffree Milfort

Collaborateur

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