En Haïti, on devient homme politique du jour au lendemain

En Haïti, on devient homme politique du jour au lendemain

Si, en France, il est quasi-impossible d’intégrer l’administration publique et encore moins d’être investi des hautes fonctions politiques sans avoir fait l’ENA ou quelque autre grande école d’administration ou de politique du pays, en Haïti, c’est tout le contraire. Une certaine renommée dans quel que soit le domaine, et la capacité d’influencer les masses seules suffisent pour briguer la plus haute magistrature de l’État.

Il n’y a pas de classe politique en Haïti. Quid des partis politiques ? Il n’en existe que pour les élections, et sitôt que ces dernières passées, les acteurs politiques s’estompent et forment deux blocs que l’on appelle couramment : Pouvoir et Opposition. Point n’est besoin d’expliquer les termes. Nul n’est censé non plus ignorer que, niveau politique, en Haïti, rien n’est organisé et les hommes politiques émergent le plus souvent sur fond de manipulation des masses et de fraudes.

Les dernières présidentielles en République Dominicaine pourraient nous servir d’exemple pour mieux cadrer notre démocratie. En effet, le 5 juillet dernier, de l’autre côté de l’île se sont tenues de nouvelles élections générales desquelles est élu Luis Abinader, un homme politique diplômé de Harvard, prestigieuse Université des États-Unis. Autre situation remarquable de ce scrutin : les premiers résultats étaient connus le jour même des élections et les candidats perdants, également formés à la question politique, n’ont pas tardé à féliciter le vainqueur.

En Haïti, n’importe qui peut devenir n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand. Le rappeur a dévoilé ces ambitions de devenir législateur, de siéger au parlement, sur un ton plus sérieux qu’avant. Comment l’en dissuader, or on a connu pire ? N’en parlons même pas du népotisme qui gangrène l’administration publique.

Donc, si l’on envisage de devenir quelqu’un d’important dans ce pays, on doit savoir que rien ne se fait ici sur base de méritocratie, il faut réfléchir à deux fois avant de choisir sa voie, car ce n’est que rarement que ceux qui méritent de diriger le pays y parviennent, pour peu qu’ils ne se fassent pas chutés durant leur mandat.

Mike Préval

Blogueur et graphiste, Mike est passionné de lecture, d'écriture et surtout de technologies, il est également intéressé à la culture et la politique en Haïti.

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