Enomy Germain rejette la thèse faisant croire qu’Haïti a choisi d’être pauvre

Enomy Germain rejette la thèse faisant croire qu’Haïti a choisi d’être pauvre

Alors que l’économie nationale est en constante régression, l’inflation ayant atteint son apogée, l’insécurité alimentaire qui devient chaque jour plus amère, le pays connait en ce moment des jours les plus sombres; l’économiste Enomy Germain ose néanmoins apporter une lueur d’espoir, une nouvelle donne. « Pourquoi Haïti peut réussir » est la question à laquelle il tente de répondre dans son premier essai d’économie politique. Une question osée vu la conjoncture dans laquelle l’ouvrage sera publié.

Sun Variété est allé à la rencontre de l’auteur en prélude de sa tournée de vente-signature dont la grande première se fera à l’hôtel Marriott le 13 août prochain en vue de l’entretenir autour de l’enjeu que représente la publication d’un tel ouvrage.

RefAyiti

Sun Variété : Monsieur Germain, parlez-nous un peu de votre parcours d’écrivain et dites-nous d’où vous est venue l’idée d’écrire un essai économique titré « Pourquoi Haïti peut réussir », un titre assez osé vu la situation économique actuelle du pays.

Enomy Germain : Ma passion pour l’écriture remonte à mes années d’études au secondaire. J’étais en effet rédacteur en Chef à « La Colombe », journal du Lycée Fabre Nicolas Geffrard des Gonaïves. Ensuite, en troisième année au CTPEA, j’avais publié mon premier article d’analyse économique paru au journal « Le Nouvelliste ». De la troisième à la quatrième année au CTPEA, j’ai rédigé pas moins d’une dizaine d’articles. Je dois aussi dire que j’ai été Chef de la Rubrique économique à « Le National ». J’ai également écrit plusieurs articles sur l’économie en Haïti dans les colonnes de « Les Échos », un journal économique en France.

Pourquoi Haïti Peut réussir: l’idée m’est venue suite aux manifestations populaires des 6 et 7 juillet 2018. J’étais en France, je discutais avec un ami, Ralph Thomassin Joseph, auquel j’ai posé la question. Il m’a répondu à l’affirmative et ceci sans broncher, ce à quoi je ne m’attendais pas dutout. Cette réponse m’a poussé à réfléchir et analyser la situation d’échec du pays au triple point de vue politique, économique et sociale.

« Pourquoi Haïti peut réussir » est une réponse à toute conception faisant croire que le pays est condamné à patauger dans l’échec. Je pense aussi dans le livre que le pays n’est pas l’unique responsable de sa pauvreté. Une telle conception est réductioniste, elle néglige les jalons de l’échec. L’analyse est donc biaisée.

S.V. : Si l’on s’en tient au titre de votre ouvrage « Pourquoi Haïti peut réussir », on peut a priori déceler une réponse, directe en quelque sorte, allant contre un autre économiste haïtien ayant affirmé qu’Haïti a choisi de devenir un pays pauvre. « Pourquoi Haïti peut réussir » apporte-t-il un démenti ouvert à cet économiste-là ?

E.G. : Le titre renvoie à une affirmation. Ce n’est pas un vœu, c’est une thèse. Une thèse qui défend une position concrète, une thèse qui malgré l’état d’échec du pays propose une nouvelle réflexion sur la tendance qui porte à croire qu’il est condamné à la pauvreté. « Pourquoi Haïti peut réussir », sous-titré « Un essai d’économie politique », est une thèse, « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre » en est une autre. Les deux défendent des positions contraires.

RefAyiti

S.V. : « Pourquoi Haïti peut réussir» est une proposition, une formule qui fait appel à une action. Quelle est la cible ? Selon vous, qui est habilité à appliquer cette formule ?

E.G. : Dans le livre, je définis une catégorie de gens toute particulière que j’appelle « capables ». Les capables, ici n’est pas une analogie parfaite des capables décrits par les libéraux lors de la lutte entre les deux partis (libéral et national) pour le pouvoir au 19e siècle. Donc, cette appellation n’est pas à caractère élitiste. Les capables pour moi sont cette catégorie de gens apte à diriger le pays, mais pour une raison liée aux défis de la politique en Haïti, refuse de jouer son rôle. Ceci est tellement vrai que la semaine dernière un sénateur s’est publiquement jugé indigne de son poste. Il a déclaré que si l’on faisait réellement de la politique en Haïti, il n’aurait pas pu être élu sénateur de la République. Donc, « Pourquoi Haïti peut réussir » invite ces capables à la réflexion, il les incite au réveil. Il démontre combien leur potentiel est salutaire pour le pays. Ces capables répondent à trois critères bien définis : un certain niveau de formation, une certaine histoire à succès et une volonté de progrès. Ce sont ces capables qui sont plus aptes à favoriser le renforcement institutionnel nécessaire. Les institutions politiques doivent en ce sens faire jouer les institutions économiques pour initier le processus de réussite.

Le pays a des ressources non négligeables, mais celles-ci ne sont pas utilisées pour la réussite. Il est fondamental de rationaliser l’utilisation des ressources. Ce sont en effet les capables qui peuvent faire ce travail combien nécessaire. On ne peut rien attendre des extracteurs qui sont aux pouvoirs aujourd’hui.

S.V. : Outre ces trois critères, le facteur intellectuel n’est-il pas également considéré ? Surtout par rapport à l’analogie faite au Sénateur Gracia Delva.

E.G. : Il a fait une déclaration qui va dans le sens de notre analyse, qui est plus profonde. J’ai présenté dans le texte certaines qualités pour parler de capables. Évidemment, il est également question d’un certain niveau de formation car on ne saurait laisser la direction d’un pays à des Hommes et Femmes non formés, mais il n’y a pas que ça. Ce que je veux dire, c’est que les capables (il y en a plein ici en Haïti) dans ce pays doivent participer à modifier l’offre sur le marché politique, question d’arriver aux pouvoirs pour amorcer le processus de réussite nationale.

RefAyiti

S.V. : « Pourquoi Haïti peut réussir » appartient d’ores et déjà à la postérité. Mais en termes d’enjeu, vous vous attendez à quoi comme résultats ?

E.G. : J’espère que ma réflexion sera complétée par d’autres travaux.

Mike Préval

Blogueur et graphiste, Mike est passionné de lecture, d'écriture et surtout de technologies, il est également intéressé à la culture et la politique en Haïti.

One thought on “Enomy Germain rejette la thèse faisant croire qu’Haïti a choisi d’être pauvre

  1. J’admire ces deux livres, mais ce sont deux titres ou thèses opposés. La thèse de l’économiste Etzer E. ne veut pas dire que on est condamner à la pauvreté, il se traite plurôt les raisons de notre échec et pauvreté actuelle, que es un système débuté et orienté vers la pauvreté qui jusque aujourd’hui on est en train de pays les conséquances. Sur ce, à l’ouvrage de l’économiste Germain, mon analyse est si nous pouvons identifier les problèmes fondamentaux, ce qu’ a fait Etzer Emile, j’ai dit enfaite, les solutions sont tout-prêtes, ce qui serait en rapport avec la réussite du pays. Donc, ne vous confusez pas, car le travait d’Etzer et celui de Germain pourront arriver à une bonne conclusion. Félicitations à vous deux. Pierre Cassimir Alexis

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