Et nos influenceurs, qui influencent-ils ?

Et nos influenceurs, qui influencent-ils ?

Nul n’est censé ignorer que le monde est aujourd’hui à l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Et si côté technique (infrastructure) Haïti se trouve à la queue, ceci ne l’empêche pas d’aborder ces nouvelles technologies, malgré ses lacunes, presque au même rythme que les pays possédant les infrastructures adéquates.

Les Fintechs et autres activités ayant trait à la technologie qui sont organisées chaque année témoignent de l’enthousiasme des citoyens Haïtiens, du moins la minorité qui y prend part, à investir et s’investir dans les NTIC. Ce qui n’est pas peu pour un pays où l’électricité est aussi rare que l’argent et où il n’existe aucune loi sur le numérique à proprement parler. La loi sur les télécommunications date de 1977 et une autre loi a été votée en 2017, portant sur la signature électronique. Des dispositions n’ayant quasiment aucun effet aujourd’hui sur les divers problèmes que recèlent ces nouvelles technologies, qui sont en effet des « armes à double tranchant ». Il ne sera pas ici question de cybersécurité, rassurez-vous. Des conférences sur le sujet sont organisées régulièrement, soit dit en passant.

Par contre, un sujet qui peut paraître banal mais quand-même assez important au fond fera l’objet de ce texte. Avant, il faut souligner que s’il est vrai qu’il n’a jamais eu de forme prescrite et obligatoire pour aborder les NTIC, surtout les réseaux sociaux, la façon dont se comportent les internautes Haïtiens porte tout de même à se poser des questions.

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La semaine écoulée, des discussions sur ce que devrait être un influenceur, au sens numerique du terme, quel serait son rôle, ses attributions et prérogatives défrayaient la chronique sur Facebook. Le dilemme de définir le mot et de l’adapter à notre situation ici en Haïti est inquiétant. Tout bien considéré, la difficulté ne réside pas de la compréhension du terme mais plutôt dans l’image qu’elle se voit attribuer dans notre société.

Un influenceur, dans sa définition la plus élémentaire est quelqu’un qui est très suivi sur les réseaux sociaux. Mais une définition plus marketing donnerait qu’un influenceur est une personne qui utilise un blog personnel et/ou tout autre support (forums, réseaux sociaux et communautés) pour diffuser ses opinions auprès des internautes et qui est capable d’influencer ces derniers en modifiant leurs modes de consommation.

Bien qu’il n’y ait pas eu d’enquêtes sur la question, tout porte à croire qu’il n’existe pas de Youtubers Haïtiens vivant exclusivement de cette activité, que les rares blogueurs connus ne sont notoires que pour une communauté très réduite, qu’à part quelques pages qui relaient des buzz, des jeunes qui s’exposent ou font d’autres activités les unes de la moindre importance que les autres, seules quelques célébrités sont populaires sur Instagram ou Facebook, et ces derniers, pour la plupart, n’influencent âme qui vive. Néanmoins, il faut souligner la présence de certaines personnalités importantes dans leurs domaines, les rares vrais relais d’opinions, qui posent des questions sur la société et qui incitent à l’action sur les réseaux comme Facebook et Twitter.

Twitter ! Pour tous ceux qui s’y connaissent en Marketing digital, ce dernier média social devrait regrouper une communauté de gens au fait des dernières technologies et de l’actualité. Il est également reconnu pour sa polarité meneurs/suiveurs très accentuée. Pour vous dire qu’il est très difficile d’y percer sans un discours bien entretenu ou pour le moins assez intéressant à quelque point de vue. D’ailleurs, pour ce qui est d’influenceur en Haïti : la doxa ferait croire que détenir une quantité considérable d’abonnés sur ce réseau en serait la principale condition pour ne pas dire la seule.

Si la quantité d’abonnés est une condition nécessaire, elle ne serait cependant pas suffisante. Pourtant, ils sont nombreux ceux dont la bêtise et la niaiserie ont pu faire parvenir à se créer une audience se croyant détenir une quelconque influence. Là encore, faudrait-il questionner les goûts et la motivation de notre jeunesse, trop penchée vers les futilités ? On se rappelle le buzz de Florence et Blondedy, l’histoire de Shishie… Enfin, ce ne serait peut-être pas sans raison que Twitter rime avec Tinder. Hier, avec l’appui de la twittosphère haïtienne deux jeunes tourtereaux ont pu se lier d’amour, un amour fort de centaines de likes et retweets.

Mike Préval

Blogueur et graphiste, Mike est passionné de lecture, d'écriture et surtout de technologies, il est également intéressé à la culture et la politique en Haïti.

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