Frénésie !

Frénésie !

Je dois te parler d’une réflexion que j’ai faite il y a un moment… Non je crois plutôt que cette réflexion me traquait depuis longtemps… Seulement mon cerveau n’avait pas su trouver avant la cohérence des mots, maintenant je suis prêt à en faire usage jusqu’à avoir des maux…


Depuis le jour de mon vagissement, on m’a appris à t’apprecier, depuis le moment où j’ai foulé le sol on m’a appris à te fréquenter et tout seul j’ai appris à t’aimer ou mieux j’ai cru t’avoir aimé… Chaque année devant moi se tenait un homme ou une femme, jeune ou vieillard, qu’on m’a appris à appeler maître… Chaque jour se trouvait autour de moi des égos frêles ou gaillards gravitant comme des spectres…


Avec le temps je vis en toi et je m’habitue, j’ai souri avec toi, ce qui est hors de mes habitudes. J’ai fait preuve de confiance…
Avec toi il y a des moments où je me sens pire qu’un esclave, mais je suis sûr que la société me bannira si je te lâche. J ai ménagé la résistance. Puis il arriva ce jour où notre relation a cessé et j’ai compris pourquoi tu m’avais autant préparé… Dans une sombre fosse tu m’as largué! Tu as pourtant été une famille pour ceux qui n’en n’ont pas… Le jour de notre séparation était déjà écrit et c’est le jour où j’ai commencé à utiliser tout ce que tu m’avais prescrit…


Tic! Tac! Tic! Tac! Tu entends ? Mais ça devait marcher pourtant ? Oui, tu me l’avais dit et juré… Tu m’avais dit que le jour où je te laisserai sera mon jour de gloire qui me procura une éternité monétisée… J’ai passé mon adolescence et ma jeunesse à croire à cet avenir prestigieux que tu m’as bien-sûr promis. Mais après toi j’ai dû fréquenter une autre prison atroce et insipide loin de chez moi, pour confirmer ma place… Pardon d’être impoli. Tant d’éloge à ton égard et là je me sens trahi,où se trouve le nectar que tu m’as tant promis?

L’université est sans doute encore plus dure pour ceux qui n’avaient même pas de quoi payer une bonne étude classique, mais tiens bon! Car dans la pratique de la mendicité il n’y a aucune prédilection, c’est ça la notion tragique. Vous avez l’impression que vos choix ne dépendent plus de vous et que sans compensation vous portez une croix dans une infernale jungle. Merci car tu m’as donné de bons amis, j’en suis conscient mais est ce l’unique raison pour laquelle je t’ai donné ma jeunesse ? Tu connais sans doute ce proverbe « les bons comptes font les bons amis » ….

J’ai donné mon enfance à des personnages, assis devant eux qui, parfois me hurlent dessus, et maintenant je comprends le sens du nom « maître » ; j’ai été pendant très longtemps esclave au pied de ma liberté et après dix huit ans de servitude je me promène avec cette enveloppe sous le bras dans laquelle se trouve l’historique de la vie que j’ai vécue sous ton toit, ce curriculum de merde… donc c’est officiel, je ne suis plus un esclave de case mais celui des plantations qui se promène avant L’Aurore jusqu’au crépuscule. Et dans cet espace, le temps me rattrape et me coince, je vais et je viens, je m’énerve et je me retiens, bordel quelle crise d’entretiens!!!

Je me lamente et je pleurniche, mon passe-temps se résume à serrer la main à des patrons et à les remercier de m’avoir reçu. J’en ai vu beaucoup, des gros, des petits, des colériques dont on dirait maudits, dégoûtés de leur vie de costume-cravate-bureau. Tous hostiles à mon égard! Et devant leur critique inappropriée, je baisse le regard!

Pourtant je suis qualifié, oui ces diplômes et licences ne sont-ils pas la preuve irréfutable? Ou bien était-ce un moyen pour vous de me mettre sous votre table… Mais je refuse d’accepter cette réalité. Je fais mine d’être puissant au pied de mon impuissance, je garde espoir en étant sur la même table que le désespoir.

Et pire je suis l’espoir de ma mère, le soleil de mes frères et sœurs ! La famille me regarde et patiente pendant que je me noie dans l’impatience!

Mais que faire? Je croise mes doigts et remets mon éducation aux mains de la chance.

Et la chance m’a secouru malheureusement d’un secours méprisable. Car il arriva ce moment où j’ai cru voir mon jour, celui où je vais atteindre l’apogée,et c’est le jour où l’un d’entre eux décide de m’embaucher.

Je m’sens grand et je m’sens à la hauteur de tout le monde, que j’ai la capacité d’escalader n’importe quel mont; mais jamais je n’ai su auparavant ce que ça voulait dire, être sous la tutelle d’un patron. Je croyais qu’on allait être des amis, sans détour et sans virage, mais avec le temps j’ai compris que je m’vouais à une autre forme d’esclavage…

Merci pour cette anxiété…

Mobiliser la jeunesse constitue « la priorité de la prochaine décennie en matière de développement humain ». J’ai lu ça quelque part. Je ne me rappelle plus où. Dans un journal peut-être. Je ne sais plus. Dans le monde entier, les jeunes femmes et jeunes hommes sont le moteur du changement et réclament le respect des libertés et droits fondamentaux, de meilleures conditions pour eux et pour leur communauté, et des possibilités d’apprendre, de travailler et de participer aux décisions qui les touchent. Dans le même temps, du fait des crises qui persistent, ils se trouvent confrontés à de graves difficultés qui affectent des aspects importants de leurs vies. Plus que jamais, il est temps à présent d’améliorer les investissements dans des recherches, politiques et des programmes pour créer un environnement porteur axé sur les droits dans lequel les jeunes prospèrent, exercent leurs droits, retrouvent l’espoir et le sentiment d’appartenance à une communauté, et s’engagent en tant qu’acteurs et innovateurs sociaux responsables.

Il convient de renforcer l’alphabétisation culturelle à une plus grande échelle et de créer de nouvelles perspectives et de nouveaux espaces pour le dialogue et la coopération par le développement des compétences interculturelles basées sur des valeurs communes, la compréhension et le respect mutuels, l’empathie, la réconciliation et la confiance.É

Marckenley Élie

Marckenley Elie, est un communicateur social et un orateur très prometteur. Il est passionné de lecture et amoureux de l'écriture. Jeune poète et Romancier.

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