Instant éternel…

Instant éternel…

Il est vrai qu’on a tous besoin d’oxygène, d’air, de nourriture et d’eau pour vivre, mais pour exister, nous avons besoin du temps : comme demeure, comme monture et comme ressource. On peut vivre et ne pas exister, mais quand on existe on vit.

Exister c’est chevaucher le temps, le dompter et en faire de chaque fraction un moment, un instant, un souvenir qui n’est pas prêt de disparaitre. C’est évident qu’à première vue vivre et exister paraissent analogues, mais si on fait une réflexion dépassée de cette première on va comprendre que : le concept vivre renvoie à un aspect biologique, à cette faculté qu’a l’être d’être animé. Les plantes, les animaux et l’homme vivent mais n’existent pas tous pour autant, car exister à son tour renvoie à la capacité de penser, d’agir et de faire des choix. Dans l’existentialisme est un humanisme (1945), Jean Paul Sartre reconnaît l’existence à la « nécessité de se dépasser soi- même ». On dit et fait des choses, on ne fait rien et nos actes sont dotés de puissances qui nous vivifient ou nous anéantissent. A chaque cause son effet à chaque action ses conséquences, tout est en relation avec tout, même si une omelette est sortie de nulle part, ayez la certitude que des œufs sont bien cassés quelque part, car rien n’échappe au cosmos.

Quand vous faites quelque chose, rassurez-vous d’assurer, ne faîtes jamais rien pour le juste titre de l’avoir fait, car rien ne peut mieux vous définir que ce que vous produisez comme action, parole, et raisonnement, par conséquent, Soignez-vous bien, parlez bien, mangez bien, jouissez bien, pensez et agissez que ce soit en bien ou en mal, faîtes le bien.

On est beaucoup sur la planète, beaucoup à remplir l’espace et le temps, mais peu d’entre nous ont su comment graver le marbre du temps, il nous est presqu’impossible de nous affranchir des secondes, des minutes et des heures pour atteindre ce standing du temps par lequel on peut devenir immortel.

Il ne vous suffit pas seulement de vivre, vous devez éprouver le désir et le plaisir d’exister, « quand vous vivez seulement, vous n’êtes que paroles, parce que tôt ou tard vous allez devoir plier bagage et laisser la place à ceux qui existent, qui se sont fait écrit et qui resteront, car les paroles s’en vont, les écritures restent ».

À défaut d’immensité, on ne peut ni gaspiller ni perdre le temps, on ne perd que les occasions et opportunités qui nous ont été offertes, le temps reste intact, immobile comme un statut, et nous on est là à bouger, à aller et venir, à grandir, vieillir et mourir dans ce même temps, comme la terre tournant autour du soleil. « Le temps n’a jamais changé, mais nous, oui ».

Le plus dur dans la vie, ce ne sont ni les adversités ni aléas auxquelles on a pu faire face, ce n’est pas non plus de mourir tout simplement, mais c’est le fait de mourir mort, ou du moins, le fait d’avoir vécu mais de n’avoir jamais existé. Pensez, parlez, écrivez, agissez, interagissez, aidez, intervenez, marquez votre passage et laissez votre trace. Pas besoin d’être un génie pour accomplir quelque chose, on doit apprendre à faire même ce qu’on pense ne pas pouvoir. Combien de fois qu’on aurait dû faire quelque chose mais on a laissé couler, combien de fois qu’il aurait juste fallu qu’on fait le muet mais on n’a pas su retenir notre langue, combien d’aberration, d’indignité et de regret.

Le temps ne s’échappe pas certes mais les moments filent et les instants disparaissent, pourquoi attendre quand on devrait passer à l’action, on peut toujours avoir une multitude de chance de refaire, une infinité de possibilité de corriger, ce sera toujours dans le temps mais au grand jamais le même moment, le même instant.

Tout est important, tout compte, mais de par son altérité, l’instant présent s’afferme sur son piédestal. Le présent deviendra passé, le passé restera passé, le futur deviendra présent, et par-dessus de tout, il existe certains présents qui s’accolent au temps pour rester et demeurer présents, « je les surnomme présents éternels ».

Nul instant ne mérite de mieux être vécu que celui du présent, alors, suivez son cours, accaparer vous de lui, vivez le en toute plénitude et surtout, songez bien à l’éterniser.

Marc Djely Jean

Marc Djely Jean est un musicien, photographe, graphiste et humoriste. Étudiant en Com. Soc. à l'université Inuka, ce jeune homme aux talents multiples est aussi un grand ami de la lecture et de l'écriture ; ainsi il confie à sa voix et à sa plume la tâche de déshabiller ses idées et sa vision du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please wait...

Inscrivez-vous à notre lettre d'information

Voulez vous être notifié de nos derniers articles? Entrez votre nom et votre adresse électronique.