Le Covid-19 déséquilibre les comptes : Le sport cherche une issue

Le Covid-19 déséquilibre les comptes : Le sport cherche une issue

Dans cet article, notre chroniqueur sportif, John Anderson Taylor, dresse un sombre tableau des incidences du Covid-19 sur le sport, notamment le football, qui encaisse mal les effets du confinement, surtout au niveau financier. Selon lui, l’arrêt des activités sportives représente également un manque à gagner pour les parieurs.

Depuis la rencontre de Ligue des champions entre Atalanta et Valence (qualifiée de bombe biologique) disputée à Milan, les instances ont décidé de programmer des rencontres à huis clos avant de finalement suspendre toutes les compétitions pour essayer d’endiguer la propagation à grande vitesse de la contagion. Le football, qui traîne des milliers de gens dans les stades, est l’un des sports les plus touchés par la pandémie car les Championnats européens, et du monde entier, la ligue des champions etc. ont tous été suspendus en attendant une décision des autorités sanitaires à un retour au calme de la situation. La NBA aussi a cessé de fonctionner après que deux joueurs de la franchise du Utah ont contracté le virus. Les tournois de tennis dont le Grand Chelem de Roland-Garros ont tous été annulé ou reporté à cause du Covid-19. Mais toutes ces décisions ont un coût et nous allons voir les différentes incidences et les manques à gagner financièrement engendrés par l’épidémie.

Désormais plus de disputes entre une femme au foyer et son mari pour la télécommande car la Ligue des champions, les championnats européens, la Copa America, l’Euro, les matchs éliminatoires de Coupe du monde ont tous été suspendu ou reporté. Même son de cloche à la NBA qui a cessé de fonctionner depuis le 11 Mars dernier ; les tournois de tennis de l’année sont aussi reportés à cause du Covid-19. Mais les instances n’envisagent pas une annulation définitive de la saison en cours. Certaines ligues sont même favorables à une reprise à huis clos en Mai. C’est le cas de la Bundesliga qui envisage un retour début Mai, de la Série A italienne qui prévoit un retour le 20 Mai selon le président de la fédération, et un retour en Juin pour la Liga espagnole de façon à terminer la saison et tenter de minimiser les pertes liées à la crise économique créée par le nouveau coronavirus qui crée déjà des incidences. En attendant cette reprise, certains clubs et ligue ont pris la décision du chômage partiel qui crée lui aussi des tensions dans la presse. Alors quid du chômage partiel?

En attendant la reprise à huis clos ou à la normale, certains clubs et ligues ont mis en place le chômage partiel, c’est le cas de la Liga et de la Série A.

Alors que la Liga a accéléré le paiement de 85% des droits de télé pour permettre aux clubs de recevoir des liquidités en cette période de crise, certains clubs privés de revenus et en mauvaise situation financière comme le FC Barcelone et l’Atletico Madrid ont baissé le salaire de leurs joueurs et leur staff de 70% afin de permettre aux petits personnels de percevoir l’intégralité de leurs salaires et pour ne pas s’engouffrer dans une situation financière extrêmement compliquée. D’autres clubs comme le Réal Madrid et l’Athletic Bilbao en bonne situation financière ne s’emballent pas trop dans cette initiative de baisse de salaire même si récemment les joueurs merengués ont baissé leurs salaires de 10% pour le moment et de 20% si la saison venait à se reprendre.

Mais cette idée de chômage partiel n’est toujours pas applicable en France et en Angleterre malgré les différentes propositions. Certains clubs ténors dont Liverpool et Manchester City sont contre la baisse de 30% de salaires envisagée par la Premier League et ce malgré un coup de gueule dans la presse du président de la fédération anglaise Jan Clark appelant les clubs à sauver le football anglais en appliquant cette décision. De leurs côtés les joueurs du championnat portugais par le biais de leurs syndicats accusent les clubs d’opportunistes en voyant leurs émoluments réduits d’un pourcentage considérable.

En Ligue 1, les clubs en difficultés financières à cause du Covid-19 dont l’Olympique de Marseille tentent de convaincre les joueurs de baisser leurs salaires mais ces derniers ne se montrent pas trop compréhensifs et ne veulent toujours pas coopérer.

Il faut dire aussi que cette crise touche beaucoup plus le football financièrement que la NBA. D’ailleurs jusqu’à date les joueurs NBA touche l’intégralité de leurs salaires. Grâce à une bonne gestion des finances en NBA notamment avec la règle du Salary Cap.

Incidence sur les contrats des joueurs, l’exercice comptable ainsi que le calendrier des transferts.


Normalement la fin d’un exercice comptable pour les clubs de football se fait le 30 Juin, date correspondant à la fin de contrats des joueurs et la publication des états financiers ainsi que l’ouverture du marché des transferts d’été. Une potentielle reprise que ce soit en Mai ou Juin ou à une autre date apportera des modifications sur le calendrier et la publication des états financiers. Les clubs vont devoir entreprendre des démarches auprès de la FIFA pour que des joueurs dont le contrat expirera en Juin prochain puissent participer aux matchs allant au-delà de la durée de leur contrat sans une prolongation au préalable. Même si Willian, a affirmé qu’il est prêt à jouer gratuitement à la fin de sont contrat en Juin prochain afin d’aider Chelsea à surmonter les déficits liés à la crise causée par la pandémie. Mais tous les joueurs ne vont pas être aussi compréhensifs que Willian notamment ceux qui sont en mauvais termes avec leurs clubs.
Autres difficultés, les grosses transferts seront très difficiles à réaliser lors du prochain mercato. Alors que la FIFA réfléchit à la possibilité de décaler les transferts d’été pour le mois d’Août, les manques à gagner vont pencher les comptes des clubs (surtout en mauvaise situation financière) vers le rouge et un gros transfert pour un club avec la menace du fair-play financier en plus ne va pas arranger la situation. D’ailleurs selon la presse espagnole, le Celta Vigo, club de première division aura du mal à lever l’option d’achat de 35 Millions Euros de Rafinha Alcantara à cause de la crise et le FC Barcelone quant à lui aura du mal à payer la clause libératoire de 110 millions Euros de Lautaro Martinez. C’est pourquoi le Barça est déjà entré en négociation avec l’Inter pour tenter de faire baisser le prix du joueur.

Manque à gagner pour les amateurs de Paris sportifs.

En absence de compétitions, les amateurs de paris sportifs se retrouvent eux aussi dans le dur. Avec seulement six pays où des championnats sont actuellement actifs (Burundi, Biélorussie, Tadjikistan, Turkménistan, Taïwan et Nicaragua) et l’arrêt des autres compétitions comme la NBA et le tennis, les parieurs ont peu de marges de manœuvre. Et le manque de choix des parieurs diminue la possibilité de gagner ou du moins de maximiser leurs gains. Autre remarque. La baisse des cotes et le fonctionnement au ralenti des sites de paris sportifs sont évidents. Moins de gens fréquentent les sites depuis l’expansion de la pandémie et les bookmakers ont réduit les cotes et minimisé ainsi les potentiels montants de gain de leurs clients.

Haïti aussi est touché par cette incidence car l’une des meilleures entreprises du pays, l’entreprise qui offre à la jeunesse la possibilité de gagner chaque jour au moins le pain quotidien, Paryaj Pam a fermé ses portes depuis que le président a décrété l’État d’urgence sanitaire sur tout le territoire.

Proposition de reprise à huis clos

On a déjà vu ce scénario durant le mois de mars et il n’est pas du tout agréable non seulement parce qu’il affecte en interne et financièrement l’ensemble des agents et les professionnels qui travaillent lors des rencontres mais aussi parce qu’on a l’impression de regarder un entraînement. Plusieurs rencontres de Ligue des champions et de championnats se sont déroulées à huis clos notamment l’Inter Milan vs la Juventus Turin ainsi que le PSG vs le Borussia Dortmund en Ligue des champions. Et selon RMC, la rencontre entre le PSG et Dortmund jouée à huis clos a conduit au chômage 3500 personnes qui devraient travailler ce jour-là au Parc des Princes ainsi qu’à une perte d’une dizaine de millions d’Euros. Les pertes liées à cette décision comprennent des recettes de la billetterie, des breuvages, des buvettes, des boutiques ainsi que des sommes engagées pour les prestations de services.
Mais devant la nécessité de terminer avec les championnats afin de minimiser les pertes, l’hypothèse de continuer à jouer à huis clos est une possibilité. Et cette hypothèse va impacter le football français notamment la Ligue 1 qui se trouve déjà en difficultés avec le manque à gagner des chaînes Canal+ et BeinSports qui refusent d’honorer leurs paiements du mois d’avril. D’après Nathalie De la Tour, présidente de la LFP, la Ligue 1 va perdre 20 à 25 millions d’Euros/journées dû aux recettes et 20 millions d’Euros/journées de droits télé car contrairement à la Liga et la Premier League, les Clubs de Ligue 1 n’ont pas bénéficié d’une accélération du paiement des droits TV.
Le huis clos ne va pas seulement affecter la Ligue 1 car Burnley, club de Premier League a fait savoir qu’il allait enregistré une perte de 56 millions d’euros en cas de reprise à huis clos. Perte qui mettra en péril ses finances alors que le chômage partiel n’est toujours pas accepté à l’unanimité en Angleterre.

Cette décision de rejouer à huis clos ne fait pas l’unanimité aussi car certains dirigeants de clubs en France ont demandé l’annulation définitive de la saison et sans oublier le président de Brescia (club de série A) Massimo Cellino lui aussi victime de la pandémie a fait savoir que son équipe ne rejouera pas cette saison si la saison venait à se reprendre à huis clos en signe de respect et d’hommage aux miliers victimes du Virus.

Cette crise va peut-être inciter à faire une révolution dans la négociation des contrats dans le football que ce soit pour le paiement des droits télé mais aussi dans le contrat des joueurs. Comme c’est le cas en NBA avec l’instauration de la masse salariale. Adam Silver, commissionnaire de la ligue se montre certes flou quant à la reprise à la normale de la NBA mais il n’est pas trop inquiet pour les finances alors que ces dernières représentent une véritable Casse-tête pour le football. D’ailleurs la crise a plus impacté le football que les autres sports. Et on tous vu que le huis clos n’est pas sûr à 100%. Pour l’heure, seule une reprise à la normale c’est-à-dire avec public et dans de meilleures conditions sanitaires permettrait réellement d’éliminer la menace de perte présent dans l’État des résultats des clubs.

Anderson Taylor John

Étudiant en Sciences Comptables à l'INAGHEI. Passionné du sport et de la culture générale.

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