Les orgies sont aussi vieilles que l’histoire

Les orgies sont aussi vieilles que l’histoire

Les orgies sont une activité sexuelle qui ont une très longue histoire. Autorisées dans la Grèce Antique, elles étaient considérées comme mauvaises et corruptrices des bonnes moeurs quelques siècles plus tard. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes mais aussi d’adultes Haïtiens s’y adonnent. Elles sont à l’origine d’un phénomène non sans effets : les zen.

Pendant les semaines écoulées un phénomène de société qui n’est point nouveau, qui a son histoire mais qui, par l’entremise des réseaux sociaux, attise la curiosité et occupe les sujets de conversation. Ce sont des vidéos, des photos, des audio, des captures d’écran où des scènes orgiaques qui sont fuitées généralement ou parfois mis en ligne volontairement. Les scènes sont, pour certains, odieuses et choquantes. D’autres prennent leur bon plaisir à les repasser en boucle, à contempler ce qui sera toujours leur rêve défendu.

Les orgies remontent à la période gréco-romaine lors des bacchanales qui étaient une fête célébrée en l’honneur de Bacchus. Contrairement à ce que nous voyons aujourd’hui, la fête était organisée selon les rites de l’époque. Très vite, les bacchanales ont évolué et sont devenus des endroits où tous les excès de d’alcool et de sexe sont autorisés. Les rites relatifs à l’organisation des bacchanales se relâchent au fur et à mesure. Les extravagances ne cessent pas. Cependant, les regards portés sur ces pratiques par les contemporains de cette époque se diffèrent totalement du nôtre.

D’abord, à l’époque, un banquet ne pouvait se défaire de la notion de culte. Il était inconcevable en dehors du caractère religieux qui lui conférait un statut privilégié. D’ailleurs, les rites ne sont pas en reste : des sacrifices sanglant qu’on immolait en répandant de la farine sur la tête de l’animal. Ensuite, le banquet manifestait la capacité du citoyen à s’insérer dans réseau social hégémonique. Donc, toute activité qui s’écartait de ces paramètres était un anti banquet et ne se faisait pas au vu et au su de tout le monde. Au cours du banquet, on mangeait puis on buvait du vin. Le vin n’était pas tel que nous le connaissons maintenant. Il était une boisson fermenté et agrémenté d’épices, d’herbes et de fromage râpé à base de lait de brebis auquel Bacchus ou Dionysos souhaitait qu’il soit coupé à l’eau à plus de 50 %. Tout ceci pour dire que toute idée d’ivresse et d’excès était écartée lors des bacchanales. La fin du banquet se déroulait sur des lits à trois places en forme de π où hommes et hétaïres (prostituées), les seules femmes autorisées à y participer, se livraient à des actes sexuels.

Cependant, 313 ans après Jésus Christ, le christianisme est autorisé par l’édit de Milan dans l’Empire romain. Il va apporter une morale nouvelle, une vision du monde nouvelle. Au fur et à mesure, les pratiques relatives au banquet sont vite considérées comme une dépravation morale.

En ce moment, près de 2000 ans après la période gréco-romaine, se caractérise par une méfiance plus prononcée envers la religion. Elle perd en autorité et en respect. D’où la multiplication de ces pratiques qui se diffèrent de l’orgie plus formelle des gréco-romains. C’est en ce sens que beaucoup esquive la morale et vont scruter les bénéfices qu’une telle expérience peut leur apporter. Certains sont intéressés par l’idée de l’aventure. On ne vit qu’une fois, disent-ils, pourquoi ne pas essayer. D’autres en font leur activité sexuelle principale et pensent que les activités sexuelles sont plus intéressantes quand elles sont collectives et simultanées.

Ces fichiers publiés récemment rendent nos compatriotes encore plus accros aux réseaux sociaux. Ils raffolent ces expositions sexuelles livrant l’intimité le plus souvent des jeunes femmes et jeunes filles sur la toile. Ce phénomène de mode n’est certainement pas sans effets et conséquences.

Quelqu’un s’est-il posé la question : qu’en est­-il des victimes de ce phénomène ? Parce que oui, elles pourraient être des victimes. La loi n’interdit pas de s’envoyer en l’air mais rien n’oblige une personne à faire face à une exposition de son intimité au grand public juste à cause des caprices d’une copine, d’un copain, un mauvais deal ou tout simplement une histoire de vengeance. Il peut s’avérer difficile pour les victimes de tourner la page. L’autre aspect qu’on pourrait considérer comme nocif, c’est le porno simple et gratuit. C’était déjà très simple d’obtenir toute une galerie dont le choix est souvent difficile. Maintenant s’exposer à des phénomènes à caractère pornographique est devenu non seulement facile mais à la mode.

De plus, les commérages qu’on disait être essentiellement féminins intéressent à présent les deux sexes. Entendre un homme dire : « Nou konn zen an ? » était, avant, peu commun. Mais, en ce moment, le zen n’est plus l’apanage des femmes.

Au moins, le bon côté de ces fuites qui se répètent assez souvent prouvent clairement comment l’utilisation des smartphones peut être dangereux si on ne sait pas comment les utiliser ou tout simplement si on veut les utiliser à mauvais escient.


Article écrit en collaboration avec Mike Creedlyn Eugène.

Maycol Joseph

Originaire des Gonaïves, étudiant en Communication sociale à l'INUKA, passionné d'écriture, de musique et du sport.

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