On ne naît pas cougar, on le devient

On ne naît pas cougar, on le devient

Depuis déjà une décennie, un phénomène de société s’impose dans l’espace médiatique et sur les réseaux sociaux. On cherche à élucider le fait qu’une femme ayant fait sa vie et qui devait attendre ses vieux jours tranquillement s’intéresse tout à coup à un homme plus jeune. Les actuels locataires de l’Élysée donnent du courage aux indécises. Si c’est le vrai amour, pourquoi pas ?

Madonna, la star mondialement connue, publiait le 14 février dernier une photo sur son compte instagram où elle enlace son nouveau compagnon de 25 ans. La sulfureuse star n’est pas à sa première relation où la différence d’âge est significative. Mariah Carrey, Jennifer Lopez, Brigitte Macron s’affichent aussi ostensiblement aux bras de leurs compagnons plus jeunes. D’autres, moins populaires viennent grossir le groupe. On les appelle « cougars ». Elles sont, dans l’imaginaire collectif, des femmes mûres toujours à la recherche de chair fraîche. Leur indépendance, leur expérience et le sentiment de sécurité qu’elles procurent ne sont pas sans les faciliter la tâches. Les regards appuyés et critiques portés sur ces couples sont souvent injustifiés. Qu’en est-il vraiement ?

Remarquons que le mot cougar dans son sens premier renvoie à un mamifère carnivore de la famille des félidés. La comparaison n’est pas des meilleures car elle fait de toutes ces femmes sûres d’elles-mêmes et qui n’ont pas peur d’avouer leur attirance pour des hommes plus jeunes des prédatrices. Nous gardons des milliers d’années de partriacat une image de la femme-bébé qui ne sait pas ce qu’elle veut et est tributaire de l’opinion d’un homme. D’autant plus, le mot cougar rabaisse la femme à l’animalité. Elle devient l’être d’instinct, contrairement à l’homme qui serait l’être de la rationnalité. Aujourd’hui, moins qu’avant, on jette le voile sur le désir féminin.

Le désir féminin est et a toujours été diabolisé. Une femme qui crie sa volonté d’avoir du plaisir est une déviante, une impudique. Elle est tout de suite casée. Elle est insultée. Elle est insultée pour qu’elle se taise. Donc, taire son désir. C’est ce à quoi sont confrontés les cougars. On ne supporte pas une femme libérée. Elle ne répond pas aux critères normatifs de notre époque. Le modèle féminin tel qu’il est décrit est un construit civilisationnel. Il n’est ni une essence, ni une donnée naturelle. Alors, il est temps de le déconstruire pour enfin libérer cette éternelle oppréssée qu’est la femme.

La femme cougar n’est pas toujours une croqueuse de jeunes hommes. Parfois, c’est elles qui se font croquer. Parmi ces jeunes hommes, les uns cherchent des intérêts économiques et/ou sexuels. Les autres, ont des intérêts affectifs, surtout chez ceux qui ayant perdu leur mère ou ayant developpé un fort attachement avec celle-ci. Heureusement qu’il y a toujours de l’intérêt dans les affects. Les cougars, à leurs tours, cherchent de la nouveauté. Quelqu’un qui peut les ramener à leur jeunesse, les aide à passer du bon temps. D’autant plus, on ne rencontre pas les mêmes problèmes en même temps dans ce genre de couple. Ainsi, on est plus à même d’aider son partenaire. Cependant, cette différence d’âge peut nuire au couple. Ce qui arrive parfois quand vient le désir d’avoir un enfant chez le jeune homme. La femme, bien souvent, est incapable à son âge.

Ces femmes ne font que profiter du moment présent, du temps que leur ancien compagnon leur ont volé dans la routine. Elles aspirent au bonheur même si c’est tard. Cela ne peut être possible que par la libération de la femme, par une déconstruction du modèle féminin.

Mike Creedlyn Eugène

Étudiant à la Faculté des Sciences Humaines (UEH).

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