Quand des étudiants haïtiens à l’étranger se liguent pour le développement socio-économique

Quand des étudiants haïtiens à l’étranger se liguent pour le développement socio-économique

La communauté estudiantine haïtienne regorge de belles têtes parmi ses boursiers, ici ou ailleurs. Il est à noter que les récipiendaires qui ont dépensé toute leur énergie pour étudier au bénéfice du pays peinent malheureusement à se tailler une place dans le tissu social et à intégrer le marché du travail. Cette situation, qui ne cesse de grandir, inquiète les étudiants hors du pays désireux de regagner le sol natal. Ils sont montés au créneau pour dénoncer le fait qu’ils sont traités en parent pauvre. Comment un Etat qui alloue une partie de son budget à former des esprits peut-il manifester si peu d’intérêt à ses diplômés au point de les lâcher au gré de la rue ?

La Fédération des Etudiants Haïtiens à l’Etranger (FEHE) est un regroupement de jeunes citoyens haïtiens engagés et qui veulent s’impliquer dans le développement socio-économique, culturel, politique du pays, en mettant leur connaissance, acquise à l’étranger, au service de la nation.

L’objectif de cette fédération c’est de regrouper les étudiants haïtiens qui étudient à l’extérieur d’Haïti en collaboration avec ceux qui étudient à l’intérieur du pays vers un point commun dans le but de constituer un réseau qui leur permettra d’élaborer des perspectives (projet, recherches scientifiques, entrepreneuriat…) afin d’être impliqués dans le développement et de limiter la fuite du cerveau du pays.

Dans le cadre de leurs activités, le samedi 20 Juin 2020, ils ont eu un évènement en ligne avec la participation des jeunes étudiants finissants autour du thème : Dégradation de l’environnement en Haïti, quelles perspectives ? Cette E-Conférence a été réalisée avec la participation de jeunes scientifiques haïtiens venant de différents horizons (Argentine, France, Haïti, Maroc, Mexique) en passant de géologue à architecte urbaniste, ingénieur agronome, économiste et ingénieur en eaux et forêts. Cette conférence a été animée par Nixon DOUDOUTE, spécialiste en développement durable des territoires. En effet, cette conférence a été conclue par plusieurs perspectives de solutions de chaque intervenant dépendamment de leurs spécialités.

« Rappelons que nous avons déjà organisé plusieurs évènements de ce genre, le jeudi qui correspondait au 28 Mai 2020 nous avions eu une E-Conférence sur le thème Vers une exploitation Minière en Haïti, qui a été organisée par Géotourisme Haïti, un groupe d’étudiant finissant, qui fait la promotion pour un écotourisme durable en Haïti. 17 Mai 2020 nous avions eu une autre E-conférence au tour du thème ; Education, facteurs incontournables pour un Développement Durable en Haïti, 02 Mai 2020 c’était sur le thème Impacts Socio-Economiques et Politiques de la Covid-19, Vers d’autres perspectives de développement en Haïti . Nous continuerons à travailler dans ce sens, tout en mettant nos compétence au service de notre pays. Car l’avenir du pays est à nous, mais non pas l’inverse. » nous précisait Elio PIERRE, étudiant en Master Aménagement du Littoral et Risque Côtier à la Faculté des Sciences et Technique de Tanger au Maroc, coordonnateur du projet FEHE.

Cette fédération a pour but de constituer et d’animer un réseau permettant de faciliter l’insertion et l’évolution professionnelles ainsi que les échanges entre les étudiants. Elle s’attache à promouvoir les formations et développer la visibilité de ces diplômés auprès du monde professionnel. Elle se donne la possibilité de développer une activité de conseil auprès des organismes publics et privés dans les domaines du développement local à travers leurs champs de compétences. Identifier et encourager les étudiants haïtiens qui souhaitent être des porteurs de projets à s’impliquer davantage dans l’entreprenariat.

En peu de mots, il n’est pas surprenant de voir à chaque coin de rue un attroupement de jeunes, réuni ou non autour d’une table de jeu, animant des débats sur le sport, la météo et surtout sur cette politique haïtienne qui fait des diplômés de vulgaires oisifs. Avec cette conception, nul besoin d’aller chercher loin les causes des départs en masse de nos jeunes à la recherche de meilleurs jours. Quand plus de la moitié de la population a moins de 30 ans, ce cliché : Jèn yo se lavni signifie vraiment quelque chose. Mais pour quoi faire précisément ? Quel est l’horizon offert à cette énergie, à ces jeunes diplômés d’ici et d’ailleurs ? Rester, partir ? Ne plus revenir ?

Wislin Prévil

Wislin Altaïr Prévil est étudiant à la Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire de l'Université d'Etat d'Haïti. Amateur éclairé de lecture et d'écriture, il garde la ferme conviction que le pays tant rêvé ne peut découler que d'une jeunesse éduquée et soucieuse.

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