Tout savoir sur le processus électoral aux États-Unis

Tout savoir sur le processus électoral aux États-Unis

Les élections présidentielles américaines quoique très médiatisées restent souvent incomprises des spectateurs. Le processus électoral est la résultante de la tradition, des différences au niveau des États et des changements successifs apportés à chaque élection. Il est parfois décrié par des Américains mais n’empêche qu’il résiste jusqu’à aujourd’hui. Le système continue de fonctionner sur la confiance et l’honnêteté des citoyens. Ce qui, par conséquent, fait parfois douter certains sur le caractère démocratique de celui-ci.

Le premier pas à franchir pour tout prétendant au Bureau oval est de remplir les conditions exigées. Tous ceux qui ont rêvé un jour de poser leurs mains sur la Bible de Lincoln devant le Congrès Américain doivent être nés sur le sol américain et y résider pendant quatorze ans. Il est interdit de se présenter pour un troisième mandat. Ensuite, ils peuvent sonder le terrain. S’informer auprès des cadres du parti. S’enquérir sur leurs chances d’y arriver. Somme toute, peser le pour et le contre. S’ils estiment que c’est leur tour, ils déclareront leur candidature. Cependant, le manque de lucidité est assez fréquent dans ces situations où il est assez fréquent de ne pas pouvoir résister à l’envie de réaliser un rêve d’enfance ou de jeunesse. Beto O’Bourke, souvent comparé à Barack Obama et John Fitzgerald Kennedy, est en ce cas précis un exemple parfait. Encensé pour son charisme, il s’est laissé emporter jusqu’à dire qu’il croit qu’il est « né pour ça »(né pour être président). Malheureusement, il était obligé d’abandonner sa campagne avant même le début des primaires.

Puis, le moment est venu de convaincre les membres de son propre parti au niveau des primaires au cours desquelles ils désignent des délégués qui représentent leur candidat. Il faut dire que généralement, les candidats en fonction à la maison blanche n’ont pas à trop s’ennuyer avec les primaires. Ce processus est différent selon les États. D’un côté, certains États tiennent des primaires organisées par l’Etat et ouvertes à tous les électeurs déclarés ; les électeurs désignent directement leurs délégués. De l’autre côté, les caucus organisés par les partis sont réservés aux militants qui votent à main levée leur représentant par circonscription qui, à leur tour, désignent les délégués au niveau de l’État. Ensuite, les candidats seront investis officiellement et la campagne se poursuit.

Depuis les 50 dernières années, deux moments sont très attendus dans la période électorale Américaine. Le premier consiste dans le choix du Colistier par chacun des candidats. Ce choix est rarement anodin. Il vient d’un calcul politique qui permettra au candidat de réunir le plus de votes possibles. Le Colistier doit compléter le profil du candidat. Un candidat jeune et peu expérimenté aura tendance à choisir un Colistier plus âgé et plus expérimenté. C’est en ce sens que le jeune Sénateur Barack Obama choisit Biden, un candidat plus âgé mais qui faisait la politique depuis plus de trente ans. Un candidat qui n’a jamais fait de la politique aura tendance à choisir un Colistier de l’establishment. C’est en ce sens que Trump choisit Mike Pence. Le caractère tumultueux de Trump est équilibré par celui d’un Mike Pence très calme. Le deuxième est le débat. Mis en place depuis 1960, le débat permet aux candidats de convaincre les indécis et faire basculer des votes à leur compte en espérant une erreur chez l’adversaire. Cette année le débat n’a pas pu être décisif. Dans une Amérique si divisée, il aurait fallu une grande gaffe chez l’un des candidats pour perdre quelques électeurs. En 1960, Fitzgerald Kennedy – beau, brillant et frigant- répondait aux questions avec aisance tandis que son adversaire avait du mal à trouver sa place dans ce nouvel exercice. Résultat : Ceux qui ont regardé la télé donnent Kennedy vainqueur du débat alors que ceux qui ont écouté le débat donnent Nixon gagnant.

Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, les électeurs Américains n’élisent pas directement le président le jour du vote. Ils désignent les délégués qui représentent leur candidat. Ceux-ci sont souvent appelés grands électeurs. Ils sont proportionnels par rapport à la démographie de l’Etat en question. Les 538 grands électeurs auront à confirmer le choix des électeurs. Ils n’y sont pas obligés pour autant. Heureusement, dans 99 % des cas, les grands électeurs respectent le choix des électeurs. 270 est le nombre de grands électeurs qui permettra à un candidat de remporter les élections présidentielles. Par contre, il arrive que parfois un candidat gagne la majorité des votes des grands électeurs et moins de vote populaire que le candidat malheureux. C’était le cas en 2016, lors de l’élection de Trump.

Celui qui, finalement, sort vainqueur de cet Odyssée se présentera en janvier sur les marches Ouest du Capitole : une main sur la Bible de Lincoln et l’autre pointée en l’air en jurant d’exécuter loyalement la charge de Président des États-Unis.

Mike Creedlyn Eugène

Étudiant à la Faculté des Sciences Humaines (UEH).

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