Trump a fait de la Chine une superpuissance

Trump a fait de la Chine une superpuissance

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, Donald TRUMP multiplie ses erreurs sur le plan international et la Chine en tant qu’opportuniste affairiste se place dans l’arène pour en tirer parti.

Dans les agences onusiennes, comme l’Organisation Mondiale de la Santé vilipendée par Trump pour sa gestion de la crise du Covid-19, la Chine développe depuis des années son influence en profitant du recul des Etats-Unis dans les affaires du monde. Un exemple concret : du moment que le président TRUMP a annoncé la fin de la contribution américaine de 400 millions de dollars à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), sans trop tarder les chinois ont proposé d’ajouter eux-mêmes une contribution supplémentaire de 30 millions. C’est dans cette perspective que Napoléon Bonaparte a dit qu’il ne faut jamais interrompre un ennemi qui est en train de faire une erreur.

Deuxième contributeur financier

Dans beaucoup d’agences Onusiennes, le constat semble stagner. Les Yankees se replient sur eux-mêmes, les chinetoques tracent leur sillon sans jamais recourir à un mouvement frontal. Outre une mise à disposition de plus en plus de Casques bleus pour les opérations de paix, Pékin est devenu le deuxième contributeur financier de l’ONU derrière les Etats-Unis supplantant le Japon. L’outil financier est également privilégié, comme à l’Unesco. Le retrait américain, début 2019, de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, accusée d’être biaisée aux dépens d’Israël, a été de paire avec une influence grandissante de l’Empire du milieu qui y est devenue le premier contributeur net obligatoire.

Cette progression lente et continue du « soft power » chinois est multiforme : elle s’appuie sur un engagement financier et militaire qui se traduit par ce gain de postes partout de la fonction de stagiaire à celle de directeur d’agence et par ces liens avec tous les acteurs possibles. Le narratif est clair : d’un côté, les Américains s’arrêtant d’aider la communauté et les organisations internationales, et de l’autre côté il y a les Chinois faisant montre de leur largesse afin de contribuer grandement au bénéfice collectif. Il y a effectivement une offensive générale des chinois en direction des institutions multilatérales et ils se présentent comme le champion du multilatéralisme contre l’unilatéralisme américain. Ces asiatiques ont, eux aussi, mené une grande offensive sur les différentes institutions de l’ONU et s’en accaparent comme l’Organisation Aérienne Civile et Internationale, l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel, l’Organisation pour les TELECOM, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation (FAO), etc. En effet, ils continuent à prendre le large en intégrant le G des cinq États du groupe consultatif pour les droits de l’homme. On pourrait rajouter d’autres institutions qu’ils ont créées et en détiennent le monopole. C’est à dire des institutions dans lesquelles ils jouent un rôle majeur bien entendu comme la Banque Asiatique d’Investissement pour l’Infrastructure, l’Organisation pour la Coopération de Shangaï et, sans oublier, ce groupe un peu particulier (17+1) de 17 pays Européens et certains membres de l’Union Européenne et d’autres candidats qui ont une relation spécifique avec la Chine. On voit clairement que la vision du multilatéralisme chinois est bel et bien instrumentalisant, tout cela c’est pour développer son unique intérêt ; la leçon à retenir dans tout ça serait qu’ils paraissent beaucoup plus multilatéraux que les Etats- unis et ne font que profiter des vides laissés par Donald Trump qui a, lui-même, déserté ce terrain dans lequel les chinois s’engouffrent. On pourrait dire que ces orientaux appliquent la leçon de Sun Zu : il gagne sans avoir à combattre puisque les américains désertent la bataille.

Sous l’administration de Donald Trump, les Américains ont attaqué et se sont presque retirés de toutes les organisations internationales. Ils ont attaqué l’ONU et l’Organisation Mondiale sur le Commerce dans laquelle ils n’ont même pas nommé un juge (ce qui pourrait les rendre impuissants). Ils se sont retirés de l’UNESCO, de l’Cccord de Paris sur le Climat et de l’Accord sur le Nucléaire Iranien. Donc, il y a cette victoire apparente à l’échelle internationale : Quelle est l’idée que font les autres pays ? Quid de l’opinion publique ?

Quand on parle de pays, on ne parle pas uniquement des pays occidentaux, mais tous les pays du monde. Et bien, c’est qu’il y a un pays qui joue le jeu du multilatéralisme et qui ne voie pas toujours que c’est une instrumentalisation de ce multilatéralisme. Et qu’il y a un pays qui le refuse et ne s’en préoccupe pas. Effectivement, c’est un très grand triomphe pour la Chine. La politique  de Trump renforce la donne internationale de la Chine et aussi le poids de la chine sur la scène internationale. On peut bien sûr s’en plaindre, mais au final les chinois ne font que profiter des erreurs États-Uniennes. De surcroît, le président américain arrive à affaiblir les États unis et, d’emblée, il affaiblit l’ensemble du monde occidental puisque nous y sommes liés par une alliance stratégique. Ainsi, l’attitude de TRUMP et celle de son territoire rejaillissent-elles quelque part sur tous les pays occidentaux. Il est vrai que Xi Jinping (chef d’État chinois) et son homologue américain ne jouent pas sur le même terrain, mais ils ne sont pas exactement dans la même compétition non plus.

Cependant, le chef d’État Américain vise ses électeurs. En guise de rappel, le mandat de Trump touche à sa fin c’est-à-dire qu’il est en pleine campagne électorale, or ses électeurs ont l’air de détester les institutions internationales et ressentent cette plausible entrave à la souveraineté nationale. Cela empêche les américains d’exercer leur libre droit de la force et surtout les organisations qui viennent en aide au pays du sud pensent qu’elle leur rapporte peu de reconnaissance songeant à l’ingratitude des méridionaux. De plus, ces organisations réfléchissent à tous ces fonds qui sont souvent gaspillés au détriment des intérêts américains. De l’autre côté, Xi n’a pas à s’adresser à des électeurs puisqu’il est président à vie et s’adresse plutôt à l’intérêt public international. Donc, la guerre est déjà gagnée pour la chine, mais cela ne signifie pas que Trump a échoué puisqu’ils ne jouent pas, semblerait-il, sur le même terrain et ne visent pas tout à fait la même cible. Mais en réalité, la leçon qu’on pourrait tirer dans tout cela c’est que la politique de Trump est grandement bénéfique à la chine.

La crise du Covid-19, un événement accélérateur

« Après l’élection de Donald Trump, la Chine a renforcé son positionnement comme puissance garante du multilatéralisme » a résumé Alice Ekman. Selon elle, « la crise du Covid-19 est un second événement accélérateur pour que Pékin puisse continuer à investir dans la gouvernance mondiale dans toutes les directions ». Elle va plus loin pour dire que « l’OMS n’est qu’une institution parmi d’autres. À terme, la Chine souhaiterait l’avènement d’une gouvernance mondiale post-occidentale, au sein de laquelle elle occuperait un rôle central ».


Sujet du JT sur l’arrêt du financement américain à l’OMS (15 avril). En somme, Trump a su corroborer, d’une certaine manière, cette montée fulgurante de la Chine.

Moïse JUSTE, Étudiant en Relations Internationales à l’INAGHEI

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