Virginie Sampeur

Virginie Sampeur

Née à Port-au-Prince le 28 mars 1839, Virginie Sampeur a eu une carrière d’enseignante. Vers ses 17 ans, elle a laissé libre cours à sa plume, s’est lancée dans une activité de versification et a collaboré dans divers revues et journaux de son temps, en y publiant quelques-uns de ses poèmes.

La première poétesse haïtienne s’est mariée un peu tôt au poète Oswald Durand puis vite désenchantée, elle a demandé le divorce. C’est surtout à cette période , se laissant bercer par sa désillusion que Virginie Sampeur atteint la célébrité avec des poèmes qui semblent exprimer sa blessure. Des poèmes tels que :

Puisque le ciel t’envoie

Puisque le ciel t’envoie,
Fortune, amour et joie,
Tu peux bien m’oublier;
Vis sans inquiétude,
Et dans la solitude,
Pour toi je vais prier.
Si le bonheur te quitte,
Reçois-tu la visite
De la sombre douleur,
Ami, pense à moi; vole
Vers celle qui console,
Viens pleurer sur mon coeur.

Au temps

Mon pauvre coeur va-t-il saigner encor, ô Temps?
Connaîtra-t-il encor la foi de ses vingt ans?
J’aurai trop peur d’y croire:
Cours à d’autres victoires!


RefAyiti


Et son fameux texte, le plus reconnu et le plus cité pour faire référence à la poétesse,

L’abandonnée

“ Ah ! si vous étiez mort ! De mon âme meurtrie
Je ferais une tombe où, retraite chérie,
Mes larmes couleraient lentement, sans remords…
Que votre image en moi resterait radieuse!
Que sous le deuil mon âme aurait été joyeuse!
Ah! si vous étiez mort!

Je ferais de mon coeur l’urne mélancolique
Abritant du passé la suave relique,
Comme ces coffrets d’or qui gardent les parfums;
Je ferais de mon âme une ardente chapelle
Où toujours brillerait la dernière étincelle
De mes espoirs défunts.

Ah ! si vous étiez mort, votre éternel silence,
Moins âpre qu’en ce jour, aurait son éloquence,
Car ce ne serait plus le cruel abandon
Je dirais: « Il est mort, mais il sait bien m’entendre,
Et peut-être en mourant n’a-t-il su se défendre
De murmurer: « Pardon! »

Mais vous n’êtes pas mort! ô douleur sans mesure!
Regret qui fait jaillir le sang de ma blessure,
Je ne puis m’empêcher, moi, de me souvenir;
Même quand vous restez devant mes larmes vraies,
Sec et froid, sans donner à mes profondes plaies
L’aumône d’un soupir!

Ingrat ! vous vivez donc, quand tout me dit vengeance !
Mais je n’écoute pas ! A défaut d’espérance
Le passé par instants revient , me berce encor.
Illusion, folie ou vain rêve de femme,
Je vous aimerais tant, si vous n’étiez qu’une âme!
Ah! que n’êtes-vous mort!

Par le caractère plaintif et cet air de mélancolie qui domine son œuvre, en plus de la périphrase de première femme littéraire haïtienne, Virginie Sampeur a aussi hérité du titre de poétesse de la tristesse. Elle n’a publié aucun recueil de poème mais a laissé un roman inédit, une biographie : Angèle Dufour.

Un peu plus tard, Virginie Sampeur s’est remariée à Louis Tacite Lamothe et a donné naissance à son fils, Ludovic Lamothe. Le 08 Juin 1919, elle décéda dans la ville qui l’a vu naître, ne laissant que des textes éparpillés.


Samuela

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please wait...

Inscrivez-vous à notre lettre d'information

Voulez vous être notifié de nos derniers articles? Entrez votre nom et votre adresse électronique.